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Témoignage de Mathurin, en Service Civique au Café d'ANAIS :
"Les cafés sont fermés.
Pourtant dans les rues et sur les places, beaucoup de gens continuent de vivre. Les bénévoles du café d'ANAIS n'ont plus voulu se sentir impuissants sur cette seconde phase du confinement.
Ce café associatif empreint d'une mixité sociale étonnante est l'endroit d'où la petite étincelle va démarrer le bon feu de cheminée : la présence d'un petit rassemblement autour de boissons chaudes et de friandises devant la place St-Charles.
On a pu constater une entraide très forte et surtout un don majoritairement désintéressé de la part des participants y compris les associations concernées (le Secours Catholique ; Aux Captifs la Libération ; l'Ordre de Malte ; le Périscope, Farabolles ...etc).
De très nombreuses personnes voulaient payer leur café ; quitte à ne pas en prendre du tout. Beaucoup encore n'osent pas s'approcher du triporteur et j'en vois aussi certains qui demandent une tasse avec un air de crainte et de désespoir : des Femmes et des Hommes tenues par la peur et la honte d'une dette.
Mais il me semble que ces comportements font partit inhérente de la démarche. Et en dépit de cette méfiance, nombreux nous ont encouragé à continuer ces petits rendez-vous. Beaucoup nous ont aussi reproché de ne pas être là assez souvent !
Cette période étrange ne fait que commencer.
Rappeler que les êtres humains peuvent cohabiter en dépit de leur statuts, origines et opinions est un besoin vital. Je ne vois pas de solution plus simple et logique que de continuer dans ces initiatives aussi peut nombreux soient les passants.
Laissons les passions s'exprimer autour des tables et des thermos ! Donnons une raison au gens de sortir de chez eux ! Allumons un grand feu de cheminé plutôt que de le couvrir tous les soirs à 18H (mon dieu que c'est tôt !).
Merci à tous les Marcheurs et squatteurs de banc public sur Gambetta et merci à tous ceux qui remplissent et vident goulûment les tasses bouillantes en ces matinées ou le vent froid souffle dans les platanes." |